A C T U A L I T E S    

FEVRIER / MARS

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GARDEN_LAB JARDINS ET SECHERESSE

Alors que le réchauffement climatique et les effets de la sécheresse se font sentir partout, Garden_Lab a choisi dans son dixième opus d’explorer un autre jardin, celui qui occupera une place prépondérante dans cette nouvelle manière d’habiter la terre.

Sous l’effet du changement climatique, les paysages se modifient année après année, imperceptiblement parfois, mais inéluctablement. La sécheresse estivale produit ses effets jusque dans le nord de l’Europe. Les forêts françaises de hêtres et de sapins souffrent davantage chaque été. Des plantes ont commencé à migrer vers les régions plus fraîches. Chercheurs, paysagistes, pépiniéristes s’accordent à dire que cette migration est à la fois le fait du réchauffement de la planète et de l’impact grandissant des activités humaines. Tous constatent une accélération du mouvement, difficile à modéliser.

La nature même des jardins doit changer en prenant appui sur l’observation des paysages et l’étude de l’adaptation végétale en condition de stress.

Garden_Lab#10 est allé
 à la rencontre des spécialistes de la question et des paysagistes qui expérimentent de nouvelles formes de jardins partout en Europe. Géographe, chercheur, philosophe, botaniste, pépiniériste… Leurs pensées, leurs travaux et leurs réalisations ont nourri la réflexion de Garden_Lab#10 sur notre manière d’habiter la terre, nous inspirant de jardins enracinés dans le vivant…

VOYAGER À TRAVERS LES BIOTOPES

Des steppes et prairies du Caucase, d’Asie et Amérique du Nord réunies au Jardin d’essai de Hermannshof en Allemagne, jusqu’aux paysages de désert du jardin ethnobotanique d’Oaxaca au Mexique ou de Dar al- Hossoun au Maroc, Garden_Lab vous propose de (re) découvrir le travail de ces acteurs du jardin de demain, basé sur l’adaptation, l’autonomie, et une meilleure compréhension des plantes vivants dans les milieux secs. Loin des espaces arides faits d’étendues brunes et désertiques ou des paysages minéraux aux conditions hostiles, ces milieux souvent verdoyants recèlent une très grande diversité d’espèces végétales, frugales et adaptées, qui se côtoient et se rendent mutuellement service.

CHANGER NOTRE MANIERE D’HABITER LA TERRE

Ecoutons celles et ceux qui ont pris la plume, l’appareil photo, la caméra ou le jardin pour ouvrir la voie vers un autre monde. Et commençons peut-être par nous nourrir d’un nouveau vocabulaire, celui du philosophe australien Glenn Albrecht pour nous aider à passer à l’ère du « symbiocène ». Une ère où l’humanité apprend à composer plutôt qu’à maîtriser. Exemple est donné par l’Office national des forêts qui met en place la migration assistée pour hâter l’œuvre de la nature et favoriser l’adaptation des espèces au réchauffement climatique.

CRÉER DES JARDINS ENRACINÉS DANS LE VIVANT

Si la grande migration des plantes a déjà commencé, elle n’est pas tout à fait nouvelle. Passée l’entrée du Vieux-Port de Marseille, le Mucem et le Jardin des migrations font corps pour raconter des histoires de brassages culturels et botaniques, des liens entre les plantes, les hommes et ces territoires secs.

Mais alors, quelles plantes pour les jardins de demain ? Un peu plus à l’ouest, c’est entre Montpellier et Béziers qu’Olivier Filippi, spécialiste mondial des plantes adaptées à la sécheresse a créé son laboratoire végétal, offrant des solutions aux paysagistes souhaitant créer des jardins durables et autonomes. Trois d’entres eux se sont alors prêtés à l’exercice de dessiner ces jardins secs de demain. Outre-méditerranée, une pépinière de cactus XXL au Maroc nous emmène enfin loin des décors exotiques maintenus à grand renfort d’arrosage dans les pays gagnés par l’aridité.


 

Japon: le "pin miraculé" du tsunami 

       Le seul pin de Rikuzentakata, une petite ville de la côte est du Japon, qui a survécu au tsunami géant de mars 2011, a été coupé pour être restauré comme symbole de la reconstruction de la ville martyre, a-t-on appris auprès de la municipalité.

Rikuzentakata, cité située dans la préfecture d'Iwate, à 410 kilomètres au nord de Tokyo, a perdu quelque 2.000 personnes dans la tragédie sur une population de 24.250 habitants et près de 3.400 habitations ont été détruites.

Jusqu'à aujourd'hui le "pin miraculé", haut de 27 mètres, se dresse seul le long de la côte car les 70.000 autres qui bordaient sur 2 kilomètres le littoral de la station balnéaire ont tous été arrachés et emportés par la violente vague qui a déferlé sur les côtes nord-est de l'archipel.

La municipalité s'est récemment aperçue que le pin était en train de mourir, ses racines pourrissant d'avoir été trop trempées dans l'eau de mer.

Pour le sauver il a été décidé de le couper en neuf sections et de traiter le tronc et les branches pour stopper la putréfaction. Coût estimé de l'opération: environ 150 millions de yen, l'équivalent de 1,9 million de dollars ou 1,5 million d'euros.

Une collecte avait été lancée sur Facebook.

Avant de respectueusement couper l'arbre, une cérémonie shintoiste a été organisée autour du tronc.

"L'opération à durée deux jours environ. Nous devons d'abord couper les branches qui pourront ensuite être remises sur le tronc", a indiqué à l'AFP un responsable de la municipalité, Shinya Kitajima.

Le tronc et les branches vont ensuite être évidées et traitées avant d'être réassemblés autour d'un support en fibre de carbone, a-t-il précisé.

 Le pin reconstitué se dresse à nouveau sur le littoral de la ville.